Espace [IM]Media

Steve Heimbecker


SCAMP


Espace public du centre-ville

SCAMP (2019) – Parcours sonore interactif

Scamp, c’était ma chienne.
Elle adorait courir.
Lorsque je courais, elle courait.
Lorsque je marchais, elle marchait.
Lorsque j’arrêtais, elle s’arrêtait.
C’était une bonne chienne.

Elle adorait jouer.
Elle adorait être à l’extérieur.
Elle adorait se promener près du lac.
Elle écoutait les sons de la nature.

Aimeriez-vous marcher avec Scamp autour du Lac des Nations ?
Elle serait bien heureuse de vous accompagner !

 

SCAMP, comme l’évoque l’artiste – tels les lyrics d’une chanson dont il faut imaginer la musique – est une œuvre sonore qui est aussi une invitation à la promenade. À la manière d’un compagnon canin qui nous dirige et nous suit tout à la fois, le parcours sonore créé par Steve Heimbecker se module sur notre rythme et notre vitesse de marche, de course ou de vélo. Selon la vélocité de notre passage autour du Lac des Nations, la pièce sonore s’adapte et suit notre cadence comme le ferait l’aiguille de lecture sur le disque vinyle – en fait, nous sommes la tête de lecture elle-même. Cette relativité permet de faire l’expérience de l’œuvre de multiple manière : chaque parcours génère une pièce différente, ne serait-ce que par la vitesse de marche spécifique à chacun. S’accélérant, ralentissant ou s’inversant suivant notre vitesse et notre direction autour du parc, la création sonore se déploie en concordance avec notre mouvement. Ainsi, nous devenons en quelque sorte co-créateur de l’œuvre, dont nous sommes également l’unique auditeur et ce, aussi longtemps que Scamp nous accompagne.


PSI – Parcours sonores augmentés

Pour la 5e édition d’EIM 2019, trois artistes ont été invités à créer des parcours sonores interactifs. Il s’agit d’expériences audio ancrées dans le monde réel. Des outils issus de jeux vidéo – Unity et Wwise – ont été utilisés pour créer un monde virtuel parallèle au nôtre dans lequel les artistes ont composé, arrangé et installé des sources sonores qui réagissent aux actions et au mouvement du marcheur. Ce dernier installe une application mobile sur son téléphone « intelligent » (Android ou iPhone) qui utilise principalement la géolocalisation, ainsi que certains capteurs natifs de ce type d’appareils, pour explorer et interagir avec les différentes pièces.
En résonance avec nos réalités ultra connectées, cette série de parcours sonores propose trois expériences qui, reflètent chacune une perspective différente sur les notions de présence, d’espace-temps et de connectivité. Où que nous soyons physiquement, ne sommes-nous pas toujours également ailleurs – que ce soit par la pensée seule ou à travers nos multiples présences numériques ? Quelles empreintes – réelles et virtuelles – notre présence au monde laisse-t-elle ? Par quelles mécaniques souterraines nos moindres gestes et mouvements s’inscrivent-ils les sillages du réel ?
C’est en s’appuyant sur la notion de “monitoring” qu’exercent nos appareils, qui captent à tout moment nos emplacements, notre vitesse, la récurrence de nos parcours, les lieux que nous visitons et même nos identités déambulatoires uniques, et les enjeux que soulèvent ces problématiques, que les artistes ont été invités à créer ces parcours sonores.

Myriam Bleau (QC-CA) – Silent Fictions (2019) – Sporobole ; stationnement sur Wellington ; parc Strathcona ; en haut de la colline vers la rue du Palais ; derrière la Cathédrale Saint-Michel

Steve Heimbecker (QC-CA) – SCAMP (2019) – Lac des Nations ; le stationnement est situé au Marché de la Gare de Sherbrooke sur la Place de la Gare. Pour écouter avec SCAMP vous pouvez suivre le sentier du Lac des Nations en marchant, en courant ou en faisant du vélo !

Myriam Bleau