Espace [IM]Media
Jean-Pierre Aubé

Jean-Pierre Aubé


Du Mont-Mégantic aux exoplanètes


ASTROlab du Parc National du Mont-Mégantic

Du Mont-Mégantic aux exoplanètes (2019) – Film

Le film que propose Jean-Pierre Aubé est issu d’une résidence d’un an (2018-2019) –  dans le cadre du programme « Interface » de Sporobole – à l’Observatoire du Mont-Mégantic, l’iREx et l’ASTROlab du Mont-Mégantic. Du Mont-Mégantic aux exoplanètes se présente comme un parcours en trois temps traversant toutes les saisons : on commence au plus près avec la nature, on suit le sentier de la montagne puis on nous oriente vers le télescope de l’Observatoire qui déjà nous redirige vers le ciel et les étoiles, au plus loin. De là, le monde tangible bascule vers celui des données et des algorithmes. Le film est une traversée et il porte en lui un constat : en aménageant des passages du micro vers le macro, il met à l’avant-plan les échelles spatio-temporelles et leur impact sur notre perception du monde.

L’étoile vers laquelle remonte le film se nomme GU Psc. Les scientifiques de l’iREx ont découvert une masse planétaire qui orbite autour d’elle : une exoplanète dont la distance d’avec son étoile est de 2000 fois la distance terre-soleil, alors que l’étoile elle-même se trouve à 1,45 million de milliards de km de la terre. D’où nous sommes, il s’agit d’un minuscule point dans l’univers, une étoile parmi tant d’autres. Pourtant, cette distance est ce qui nous permet de mesurer l’ampleur de notre vertige.

Sur la lisière entre neutralité documentaire et objectivité scientifique, Du Mont-Mégantic aux exoplanètes interroge les mécanismes du regard tout autant que ceux, plus obscurs, d’instruments toujours plus complexes qui permettent de récolter des masses de données. Monitorées et analysées, examinées et traitées, ces données – avec ce qu’elles révèlent et dissimulent tout à la fois – nous rappellent que l’univers constamment nous échappe.

 


Projets satellites – des résidences de création et des œuvres en périphérie

Pour la première fois depuis les débuts d’EIM, Sporobole créé des ponts avec trois régions estriennes en périphérie de Sherbrooke : Saint-Camille, Compton, Valcourt ainsi que le Mont-Mégantic. Ces ponts ont pris la forme de résidences de création in-situ où des artistes ont été invités, en mai, juin et juillet, à concevoir un projet de création ancré dans la communauté. Avec la contribution ponctuelle des citoyens sous diverses formes, en lien avec les projets, les artistes réalisent des œuvres qui mettent en perspective certaines valeurs distinctives participant à définir ces régions. Qu’il s’agisse de questions de mobilité, d’agriculture de précision, de robotisation de procédés agroalimentaires, de transformation du paysage ou de territoires connectés, les axes de réflexion qui ont donné forme aux projets sont des fils conducteurs permettant d’attacher ensemble création artistique et spécificité des contextes.

Chacun à leur façon, ces projets convoquent également les notions de connexion, de transmission, de surveillance, de captation, d’observation, d’infiltration et d’invasion, qui constituent les fondements réflexifs de cette 5e édition d’EIM.

Saint-Camille :: Isabelle Gagné (QC-CA) – Hektor (2019)
Compton :: Mériol Lehmann (QC-CA) – 308 lots (2019)
Valcourt :: Alexandre Castonguay (QC-CA) et Mariangela Aponte Núñez (CO) – Agit P.O.V. (2012-)
ASTROlab du Mont-Mégantic :: Jean-Pierre Aubé (QC-CA) – Du Mont-Mégantic aux exoplanètes (2019)