Espace [IM]Media

Alexandre Castonguay
et Mariángela Aponte Núñez


Agit P.O.V.


Centre culturel Yvonne L. Bombardier

Agit P.O.V. (Petit Objet de Vélo) est un projet de microhacking pour vélos, inspiré par l’effet d’optique POV ou persistance rétinienne, les pratiques de propagande active de l’avant-garde russe (AGIT Prop) et le projet SpokePOV de Limor Fried (LadyAda).

Un modeste circuit de 12 DELs, un microcontrôleur et une pile fixés aux rayons de la roue d’une bicyclette ainsi que la programmation adéquate et l’énergie du cycliste suffisent à illuminer la rue de messages poético-politiques. Agit P.O.V. convie les participants à un atelier et une performance textuelle mobile dans les rues de nos cités – celles de la ville de Valcourt pour l’occasion. Nos vélos peuvent ainsi porter une voix poétique et créative.

À la surveillance passive, on peut juxtaposer son corollaire : l’infiltration active. À la manière d’un micro escadron pacifique et silencieux ou d’agents libres furtifs, l’expérience participative d’Agit P.O.V. permet de s’insinuer dans l’espace public et redonne aux citoyens volontaires les moyens d’une expression trop peu valorisée. Porteurs d’une parole muette, mais proactive, les participants au projet sont alors les vecteurs de transmission de perspectives nouvelles, qui contribuent à ouvrir notre vision du monde.

Parallèlement, les artistes se sont intéressé aux questions de permaculture et de développement durable. Ils ont entrepris de parcourir la région afin d’en documenter les initiatives d’ingéniosités locales. Leur résidence nomade les a également amenés à explorer la problématique de la déforestation en Estrie versus celle en Amazonie, et les coûts humains s’y rattachant. La recette d’une soupe « décolonisée » – créée en collaboration avec la chef sherbrookoise Catherine Migneault (Tournesols et tabliers) – de même qu’un prototype de bol en céramique, modélisé à partir de données extraites d’une mine de cuivre péruvienne à ciel ouvert, témoignent également de l’investigation des artistes. Par une posture proactive, les artistes questionnent leur inscription dans un système économique, et sa portée possible. L’ensemble du projet se positionne ainsi comme une initiative d’activisme tranquille, présenté au public sous la forme d’une documentation entrelaçant processus de recherche factuelle et de création artistique.


Projets satellites – des résidences de création et des œuvres en périphérie

Pour la première fois depuis les débuts d’EIM, Sporobole créé des ponts avec trois régions estriennes en périphérie de Sherbrooke : Saint-Camille, Compton, Valcourt ainsi que le Mont-Mégantic. Ces ponts ont pris la forme de résidences de création in-situ où des artistes ont été invités, en mai, juin et juillet, à concevoir un projet de création ancré dans la communauté. Avec la contribution ponctuelle des citoyens sous diverses formes, en lien avec les projets, les artistes réalisent des œuvres qui mettent en perspective certaines valeurs distinctives participant à définir ces régions. Qu’il s’agisse de questions de mobilité, d’agriculture de précision, de robotisation de procédés agroalimentaires, de transformation du paysage ou de territoires connectés, les axes de réflexion qui ont donné forme aux projets sont des fils conducteurs permettant d’attacher ensemble création artistique et spécificité des contextes.

Chacun à leur façon, ces projets convoquent également les notions de connexion, de transmission, de surveillance, de captation, d’observation, d’infiltration et d’invasion, qui constituent les fondements réflexifs de cette 5e édition d’EIM.

Saint-Camille :: Isabelle Gagné (QC-CA) – Hektor (2019)
Compton :: Mériol Lehmann (QC-CA) – 308 lots (2019)
Valcourt :: Alexandre Castonguay (QC-CA) et Mariangela Aponte Núñez (CO) – Agit P.O.V.(2012-)
ASTROlab du Mont-Mégantic :: Jean-Pierre Aubé (QC-CA) – Du Mont-Mégantic aux exoplanètes (2019)

Jean-Pierre Aubé