Espace [IM]Media
Tasman Richardson

Tasman Richardson


A Line Has Two Sides / Timelords


Théâtre Granada

A Line Has Two Sides (2017) – Performance AV trois-canaux / 18 minutes

À partir de glitches provenant d’une console de jeu Atari 2600, A Line Has Two Sides est un triptyque audiovisuel réalisé en temps réel. En déclenchant des centaines de clips et en les positionnant dans l’espace et dans le temps, le public est enveloppé d’un vibrant environnement sonore entièrement généré à partir du son des clips sources – une signature de la méthode JAWA développée par Richardson en 1996. La manipulation de ces « fantômes dans la machine » (ghosts in the machine) par des coupes synchronisées, à la fois visuelles et sonores, induit une forme d’immédiateté anxieuse alors que le système nerveux réagit à la lumière et la fréquence cardiaque au rythme des basses. Le résultat est une œuvre AV abstraite et féroce, s’inspirant à part égale de Kandinsky et Pan Sonic.

 

Timelords (2015) – Performance AV / 11:19 minutes

Timelords évoque l’utopie futuriste d’enregistrement de nos moments pour les partager, les manipuler et les archiver en mode haute-fidélité. Voyage dans le temps à la fois simulé et spéculatif, l’œuvre est constituée d’échantillonnages d’images de l’âge d’or de la vidéo amateure et de l’aube des médias temporels contrôlés par les consommateurs. Le rêve d’une technologie supérieure, à l’épreuve du temps et de son travail d’altération, aura tôt fait de se révéler impuissante devant la vitesse d’évolution exponentielle de nos moyens d’enregistrement et de transmission des contenus médiatiques, que parachève aujourd’hui l’état d’hyper connexion de nos sociétés occidentales.

En terme de processus, Richardson travaille par réutilisation de matériel audiovisuel à la manière d’un auteur qui réemploie un langage familier. Dans ce cas-ci, les premiers mots ont été formulés avec Lethe Baptism (2014) – une installation audiovisuelle interrogeant les mécanismes de reconstitution de la mémoire – et ont évolué vers Timelords, pour être finalement réinterprétés pour la performance à deux écrans Doppelganger (2016), une œuvre qui met en cause notre perception et la transposition technologique de la réalité.

Cette œuvre a été créée à la suite à une commande pour l’événement Videodrome de la soirée de clôture du Museum of Contemporary Canadian Art (Toronto), avant sa transformation corporative en MOCA (Museum Of Contemporary Art).

Jean-Pierre Aubé